Tribu in Paris Cinema Festival

just got this from Jim Libiran:

“Mga Kapatid… Ikinagagalak ko pong ibalita sa inyo na ang Tribu ay nagwagi ng Youth Jury Prize (distribution in France) dito sa Paris Cinema Festival. Mamya po ang awarding” Mabuhay ang Pilipinas!”

translation:

“Brothers and sisters … I am joyful conveying the news that Tribu won the Youth Jury Prize here in Paris Cinema Festival. The awarding will happen in a  little while. Mabuhay Philippines!”

Jim texted more:

“a lot of people prayed hard for this. The Lord heard all of our prayers. the Tondo kid yearn for respect: the indie musicians, rappers, rock singers, theater actors and talented Tondo residents who joined d cast of Tribu, they all yearn for respect and recognition of their talents. The young and very talented indie film crew who shared their talent and time, they yearn to show the world how talented we are. To all of them, I say, the young culture-loving people of Paris, France, all respect, recognize, reaffirm that, yes, the music making, the film making, acting talents of Filipinos are kick-ass worldclass!”

I bumped into Jim Libiran and Mitch Moreno just before they left for Paris in Robinson’s Galleria 2 Sundays ago and I got to pray with them and I got to pray for this Film - the world needs to see what God is doing in the Philippines right now - He’s raising up a new generation of film-makers, the Libirans, the Joaquin Valdeses, the Dante Nico Garcias of this generation; that will re-interpret reality in a way that will challenge Filipinos and the world.

Tribu was the ONLY Filipino entry that competed in the full-length film category. The award is very special because the Jurors are composed of young people and also representatives from the film magazine, Positif. This year’s Paris Cinema Festival honored 40 Filipino films and it was just fitting that a Filipino film on the youth rap culture in Tondo would win the Youth Jury Prize.

Here’s the review of a juror, Raphaël Clairefond, of Tribu (it’s in French btw hehehe):

“Une guerre des gangs dans un bidonville, vous pensiez avoir déjà vu ça souvent au cinéma. C’était récemment La Cité de Dieu de Fernando Meirelles, et si vous n’en aviez pas eu assez les producteurs en ont pondu une suite (La Cité des Hommes). Oubliez tout ce que vous connaissez, le vrai film « coup de poing » (expression ô combien galvaudée) sur le sujet s’appelle Tribu et il nous vient des Philippines.

On le doit à Jim Libiran, personnage multifacettes (documentariste, essayiste, journaliste…) qui, pour son premier film de fiction, immerge le spectateur dans la vie quotidienne de jeunes membres de gangs à Tondo, bidonville de Manille. Le mode de narration se rapproche de la chronique, en donnant à voir la vie de la population du quartier dans ce qu’elle a de plus banal : parents travailleurs et préoccupés par le sort de leurs enfants, scènes de ménage, amourettes de jeunesse etc. Mais qu’on ne s’y trompe pas, en filmant les câbles électriques enchevêtrés entre les bâtiments, surplombant les ruelles, le cinéaste nous rappelle clairement que Tondo est, une immense toile d’araignée dans laquelle chacun se débat comme il peut. Plus qu’ailleurs, la vie y est bien souvent une question de survie.

Toutefois, laissons-là les métaphores car la puissance viscérale de sa fiction repose avant tout sur l’effet de réel, le style documentaire « embedded »*, qui confère au film une tension et une violence aussi sèches qu’angoissantes. Son dispositif de mise en scène produit une image sale et tremblante, plongée dans une lumière sombre et jaunâtre. Elle restitue efficacement le sentiment de peur et de danger permanent qui semble imprégner le quartier. Le choix d’un tournage économique en vidéo et en lumière naturelle produit cette impression que les scènes sont saisies sur le vif. Par ailleurs les acteurs non-professionnels ont tous fait partie de gangs à Tondo. Le réalisateur part donc, comme d’autres avant lui, d’une matière documentaire pour construire une fiction qui met en forme un réel inaccessible par d’autres moyens que la reconstitution.

Le témoin du récit, un jeune garçon de 10 ans, fait écho à la divinité du quartier, tout en permettant l’identification du spectateur à son regard innocent. Innocence toute relative cependant au regard de la dernière séquence et des autres scènes qui voient les gamins se chamailler avec des armes en plastique. De l’enfance bagarreuse à l’adolescence terrible, il n’y a qu’un pas aisément franchi : celui de la simulation au passage à l’acte. L’enfant constitue également une astuce narrative habile, en ce qu’il offre un contrepoint à la violence et à la haine des jeunes lors de leurs réunions.


Musique et haine de l’autre
Loin d’adoucir les moeurs, la musique (hip hop et slams enragés) n’est que le vecteurs de déclaration de guerre à un ennemi vague mais incontestablement en sursis, à en croire les paroles. Les séquences musicales et spontanées entre potes préparent rites initiatiques et vengeances meurtrières. La musique est toujours un prélude à la violence, de même que certains gangs n’étaient à l’origine que des groupes de rap. Tribu met à mal la croyance dans les vertus pacificatrices et apaisantes de la musique. La prose scandée qui vient se poser sur les « beats » (rythmiques vocales) est loin d’apaiser la haine. Pire, elle l’attise.

La démarche du réalisateur prend tout son sens quand on comprend que l’expérience du film propose avant tout un constat pessimiste, plus qu’une critique virulente. En effet, le film et son budget ont permis de lancer plusieurs projets sociaux parmi lesquels la création d’un studio professionnel d’enregistrement à Tondo. Ce hors-champ qui fait aussi partie de l’expérience cinématographique témoigne de l’intelligence et de l’ambition d’un cinéaste qui préfère mêler fiction et documentaire en mettant l’un au service de l’autre, plutôt que de chercher à tirer profit d’un réel sordide.

Pour ceux que l’expérience aura convaincu, rendez-vous peut-être dans un an ou deux puisque Jim Libiran a un documentaire en projet sur ce que sont devenus les acteurs du film.

Il compare le mode de tournage à un reportage de guerre. Les caméramen ne savaient pas comment allaient se comporter les acteurs à chaque scène.”

I love the last sentence. You could translate it thus:

He (Libiran) compared the method of directing to a story of war. The cameramen didn’t know how to frame the actors in each scene.”

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